Le gratuit: comment est ce que cela se finance?
Pour réagir sur le billet intéressant de Tristan Nitot sur la gratuité je voudrais ajouter plusieurs éléments. La problématique est de dire: c'est gratuit? comment c'est possible?
Tristan analyse les différentes manières de financer cela: le modèle open source qui mutualise les efforts de développement et qui vise à vendre du service spécialisé aux clients et la publicité qui vend un espace de choix pour les annonceurs. Il ajoute aussi le gratuit comme coût marketing pour attirer ou retenir les clients ou mieux connaître ses clients. Ces derniers modèles supposent que l'on a un service à vendre et ce qui est gratuit est une partie d'un tout qui est payant. C'est le téléphone gratuit si l'on prend l'abonnement de 24 mois.
Je rajouterais d'autres catégories, il y a le gratuit branding le contenu est libre et gratuit mais la marque et le merchandising est payant. Il y a le gratuit
mecénat, c'est quelqu'un qui brûle de l'argent parce qu'il pense que il construit du sens en rendant ce service sans réciprocité. Il y a le gratuit envoyez vos dons, c'est le modèle du payement volontaire. Il y a le gratuit morale et extortion: c'est gratuit mais si vous payez pas vous allez en enfer après votre mort, et si elle tarde trop on peu vous aider à la faire venir plus tôt...
On peut encore en citer d'autres en cherchant mais pour bien comprendre il faut distinguer le coût, de la valeur et du prix. Le prix c'est la transaction qui se fait elle est fixée par les deux parties: le client et l'entreprise à un moment donné. En pratique dans les medias et les services web c'est souvent le marketing de l'entreprise qui fixe le prix et il n'y a pas de négociation. C'est je prend ou je laisse. Le marketing essaye de pousser à prendre mais on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif. L'argument ultime pour refourguer son bazard c'est de le faire gratuit. Mais même gratuit est ce que celà peut marcher? Quand on ne peut pas négocier avec ses clients il faut essayer de les écouter.
Qu'est ce qu'il y a à écouter? D'abord savoir ce qui a de la valeur d'usage pour le client, plus cela a de la valeur mieux c'est parce que cela créé du sens.
Ensuite il y a le degré de rareté, plus le service est unique plus la valeur perçue sera importante et donc le consentement à payer. A l'inverse plus un service est perçu comme substituable moins le prix pourra être important. A l'extrême il sera gratuit, ou le client sera rémunéré pour s'en servir.
Enfin le coût c'est ce que celà coûte à produire. Parce que même si l'on est assez stupide pour faire un service sans valeur pour le client (ce qui déjà est stupide en soi), et parfaitement substituable (ce qui est le cas des dot com) cela a un coût. Et donc il faut trouver un moyen de financer ces coûts. C'est cela que le client devrait garder à l'esprit. Comment est ce financé? quel impact sur l'économie a l'utilisation de ce service?
Le client garde en tête la différence entre le prix, et respectivement la valeur perçue et la valeur d'usage. Cela guide même son action. Mais le financement des coûts devrait être une question importante car tout achat même pour un service gratuit ou rémunéré a un impact sur l'économie. Et le financement d'un service, qu'il soit publicitaire, payant ou offert pour la vente de services premium, a un impact sur la nature même de la relation client et du contenu du service.







3 Comments:
"La ferveur pour le gratuit, ce qui manque le plus aujourd'hui, effroyablement."
Céline
Et qu'en est-il des blogs? du type skyrock, ou autres. Comment se financent-ils?
Ca depend de ta question Marine. Les jeunes qui ont un skyblog prennent sur leur temps libre pour le publier, mettre des photos de leurs potes... c'est gratuit.
Skyrock finance le site avec de la pub, de la même facon que la radio est financée par pub.
Sinon il y a des blogs qui sont sans pub et financés par les bloggeurs qui payent pour le service.
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